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Les zones humides, refuges de biodiversité

Ardcin

Les zones humides sont d’incroyables lieux de vies où faune et flore se retrouvent pour y vivre en parfaite harmonie …

Véritables poumons écologiques, ces milieux remplissent une multitude de fonctions, qui leur ont valu de faire l’objet de réglementations nationales et internationales successives.

Une protection réglementée

La Convention de Ramsar est le plus ancien de tous ces accords. Le traité a été négocié dans les années 1960 par différents pays et organisations non gouvernementales préoccupés par la perte et la dégradation croissantes des habitats en zones humides pour les oiseaux d’eau migrateurs. Adopté dans la ville iranienne de Ramsar en 1971, il est entré en vigueur en 1975. Selon l’article premier de ce traité :

« les zones humides sont des étendues de marais, de fagnes, de tourbières ou d’eaux naturels ou artificielles, permanentes ou temporaires, où l’eau est stagnante ou courante, douce, saumâtre ou salée, y compris des étendues d’eau marine dont la profondeur à marée basse n’excède pas six mètres »

En France, l’article 2 de la loi sur l’eau du 3 janvier 1992 a précisé cette définition en y ajoutant la présence de plantes hélophytes.

Une dépollution naturelle

Une plante est dite « hélophyte » quand elle est enracinée sous l’eau, et qu’une partie de sa tige et de ses feuilles sont à l’air libre. Dans ce groupement végétal herbacé, on trouve le roseau commun, l’iris faux acore, les joncs, les carex, le populage des marais, la salicaire en épi, et bien d’autres.

Les hélophytes sont essentielles pour le bon fonctionnement des zones humides et des cours d’eau en général. Leurs racines (ou plutôt rhizomes) structurent, protègent et limitent l’érosion du sol et des berges. Mais aussi filtrent l’eau, la rendant plus limpide, fixant au passage certaines molécules comme l’azote et le phosphore particulièrement problématiques lorsqu’elles sont en excès dans les cours d’eau. Enfin, leurs feuillages apportent ombre, oxygène, et couvert pour nombre d’animaux…

Un refuge efficace

Bien que les zones humides ne couvrent que 3 % du territoire de la France métropolitaine, elles hébergent un tiers des espèces végétales remarquables ou menacées, la moitié des espèces d’oiseaux et nombre d’espèces d’amphibiens et de poissons.

Dans la vallée de l’Yerres, les rousserolles verderolle et effarvatte, par exemple, viennent nicher dans les roselières des zones humides. En plus d’être des lieux isolés et tranquilles, ce qu’apprécient les oiseaux en période de reproduction, ces milieux regorgent d’invertébrés de toutes sortes : papillons, araignées, chenilles…, offrant aux jeunes parents un garde-manger bien rempli, idéal pour nourrir leurs oisillons.

Hérons cendrés, Poules d’eau, Canards colvert, Cygnes tuberculés, Bergeronnettes des ruisseaux, Martins pêcheurs … Une pléthore d’oiseaux migrateurs et sédentaires peuplent les zones humides tout au long de l’année.

Mais la faune qui s’y épanouit ne se limite pas aux oiseaux bien entendu. On peut y observer, des mollusques (limnées, planorbes), des crustacés (écrevisses), des insectes (coléoptères, libellules, papillons, mouches, moustiques), des batraciens (grenouilles, crapauds, tritons, salamandres), des reptiles (couleuvres, tortues), des mammifères (loutres, visons, campagnols, musaraignes).

Les zones humides regorgent de vie !

Une régulation naturelle du cours d’eau

Dans notre vallée, les zones humides sont intimement liées à l’Yerres et ses affluents.

En effet, situées en général dans le lit majeur de nos cours d’eau, leur niveau d’eau varie au gré des caprices de l’Yerres (crue ou étiage) et des nappes de surface. Ainsi, en période hivernale, les zones humides absorbent et stockent une partie des précipitations, (limitant le risque d’inondation, on parle alors de champ d’expansion des crues), avant de les rendre progressivement à la rivière l’été venu. Les zones humides contribuent donc à une régulation naturelle du débit de nos cours d’eau.

Les prairies des Grands Réages à Varennes-Jarcy, illustrent parfaitement cette fonction. Régulièrement recouvertes par les crues, elles « tamponnent » de novembre à mai, l’augmentation du débit hivernal (et printanier) de l’Yerres, et offrent en parallèle, les conditions idéales pour le frai des brochets notamment.

Retrouvez ci-dessous quelques photos de ce que vous pourrez admirer dans les zones humides de la vallée de l’Yerres …

Les hirondelles rustiques sont de retour. Le saviez-vous ?

Description de cette image, également commentée ci-après
« Landsvale » par I, Malene. Sous licence CC BY 2.5 via Wikimedia Commons.

Si, au détour d’un sentier, vous apercevez furtivement un drôle d’oiseau au dos bleu métallique, au ventre rosé, pourvu d’une  gorge et d’un front rouge. Alors il n’y a pas de doute : elles sont de retour …

L’hirondelle rustique est un oiseau migrateur qui quitte la France à la fin de l’été, passe l’hiver en Afrique, et revient sur le territoire en avril pour entamer sa période de reproduction.

Essentiellement insectivore, cet oiseau aime se nicher dans les vieilles bâtisses. Accroché aux vieilles poutres ou dans les coins des murs, son nid est un mélange de boue, de salive et de pailles, dans lequel 3 à 6 oeufs sont pondus fin avril.

Dans la vallée de l’Yerres, ces oiseaux apprécient particulièrement les centres équestres car ils y trouvent tout ce qui leur convient. En effet, la présence des chevaux attire en nombre toute sorte de petits invertébrés volants, base de la nourriture des hirondelles. Box, grange à foin, et autres dépendances ouvertes en permanence sont autant de logis potentiels. Enfin, il y a toujours une flaque par-ci par-là, dans laquelle les oiseaux trouvent la boue nécessaire à la confection de leur nid.

Malheureusement, ces dernières décennies, les populations d’hirondelles ont considérablement diminué partout en Europe. L’utilisation d’insecticides par l’homme (dans nos maisons, dans nos jardins, dans nos champs …), la destruction des nids (bien que les oiseaux et leurs nids soient protégées par la loi!), et la disparition des bâtiments propices à la nidification sont les principales causes de ce déclin.

Au SyAGE, nous sommes preneurs de tous les clichés d’hirondelles rustiques que vous pourrez nous faire parvenir. Alors n’hésitez pas à les poster sur notre page Facebook ! Ces images doivent absolument être réalisées dans le plus grand respect de la tranquillité des oiseaux !