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Sébastien Leblanc : des bords du monde jusqu’aux berges de l’Yerres

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Lieu de pêche, de méditation, de balade, objet d’étude scientifique ou bien d’émerveillement artistique, notre rivière reflète de multiples facettes. Rencontre avec Sébastien Leblanc, habitant de la vallée, pour qui l’Yerres est avant tout synonyme de plaisir.

« Je connais bien l’Yerres ! Je cours sur la Liaison Verte 4 à 5 fois par semaine », me dit Sébastien, alors que je l’accueille dans l’enceinte du SyAGE. Et à voir sa silhouette élancée, personne ne peut douter du fait.

En effet, pour ce Montgeronnais de cœur, le footing a toujours été une occasion idéale de découvrir la rivière et ses abords. Installé dans la commune avec sa femme et ses deux enfants depuis 1999, Sébastien est depuis ce temps-là, un amateur fidèle des berges de l’Yerres. Que ce soit en famille lors de longues promenades dominicales, ou alors à l’occasion de ses entraînements, il m’avoue ne jamais se lasser de la faune et la flore qu’il peut y rencontrer.

Hérons, chevaux, renards et ragondins sont autant de présences insolites qui ponctuent ses sorties, et donnent aux paysages rencontrés des touches plutôt inattendues. « C’est dingue de voir tous ces animaux en pleine région parisienne », s’exclame-t-il. À cette belle biodiversité s’ajoute la grande variété de paysages, changeant du tout au tout selon l’endroit et la saison. L’automne, ses tons mordorés et ses lumières fugaces recueillent les faveurs de notre sportif.

« Je comprends vraiment pourquoi les peintres impressionnistes se sont installés en vallée de l’Yerres », confesse Sébastien. « Je me suis récemment promené le long de l’Yerres, et j’ai découvert à cette occasion la fondation Dubuffet ». Située Sentier des Vaux au-dessus de la cascade à Périgny-sur-Yerres, cette structure a été créée par le peintre et sculpteur éponyme au début des années 70. La « Closerie Falbala », œuvre surréaliste de 1600 m² trône en son centre et offre un singulier contrepoint aux maisons en meulière qui l’entourent. Ainsi, pour Sébastien, à la découverte des paysages champêtres de cette partie plus rurale de la vallée s’ajoute un réel étonnement de voir apparaître au détour d’un chemin des œuvres artistiques de cet acabit.

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Il y a 6 années de cela, Sébastien Leblanc est parti une année durant en compagnie de sa famille faire le tour du monde. On aurait pu croire que le retour à Montgeron aurait eu de quoi ternir l’enthousiasme de la famille Leblanc, habituée à des paysages plus exotiques que ceux qu’on peut trouver dans notre vallée. Pourtant, il n’en est rien. De l’aveu même de Sébastien, leur expédition n’a fait que renforcer ce profond attachement qu’ils ont pour la nature. « À son retour, mon fils a d’ailleurs eu l’occasion de prendre sa carte de pêche. Il n’a pas ferré grand-chose, mais le plaisir de titiller le poisson était là. Et c’est le principal ! », me dit-il, ravi.

Alors que notre rencontre s’achève, Sébastien me montre quelques très belles photos de notre rivière, et de ses abords. Vous les retrouverez dans le diaporama ci-dessous.

Les juristes

Vendredi, 8H30 du matin, un timide ciel bleu fait son apparition au-dessus du bâtiment du Syndicat. J’ai rendez-vous avec Déborah Raspaud et Kevin Le Merlus, juristes au SyAGE, qui m’emmènent assister à une expertise qu’ils vont effectuer à Mandres-les-roses. Reportage.

« J’ai toujours eu un intérêt marqué pour le service public, me dit Kévin, alors que nous roulons sur la Nationale 6. C’est ce qui m’a poussé à faire un Master 2 en Droit Public Général, puis de travailler en cour administrative d’appel, avant d’intégrer les effectifs du Syndicat il y a 2 ans et demi ».

Déborah, quant à elle, a commencé sa mission au Syndicat il y a quelques semaines. La diversité des problématiques rencontrées enthousiasme cette travailleuse acharnée, titulaire d’un Master 2 en urbanisme et droit de l’environnement.

 

Une expertise au service du riverain

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L’expertise effectuée ce matin fait suite à un refoulement d’eaux usées chez une habitante. Nous retrouvons chez cette dernière un expert de l’assurance, chargé par ses supérieurs d’évaluer les dégâts et de trouver l’origine des désordres.

Dans cette affaire, la direction juridique a deux missions : l’information et l’expertise. Il s’agit d’abord de comprendre ce qu’il s’est passé et d’en rendre compte à la Mandrionne à qui ils vont rendre visite.

Ensuite, puisque le SyAGE a compétence en matière d’assainissement dans cette commune, sa responsabilité est potentiellement engagée. Aussi, les connaissances juridiques approfondies de Kevin et Déborah s’avèrent-elles extrêmement précieuses pour défendre les intérêts du Syndicat.

A l’issue de la réunion, tous ont convenu que le refoulement des eaux usées était causé par une obstruction du réseau, combiné à une absence de clapet anti-retour sur l’habitation se trouvant en-deçà de la chaussée . Or, comme l’indique le Règlement Sanitaire Départemental et le règlement établi par le SyAGE concernant le service public de l’assainissement collectif (article 11.3), « tout  appareil  d’évacuation  se  trouvant  à un niveau inférieur à celui de la chaussée dans laquelle se trouve le collecteur public devra être muni  d’un dispositif  anti-refoulement  contre  le reflux des eaux usées ». C’est pourquoi les juristes conseillent à l’habitante de procéder aux installations nécessaires pour éviter à l’avenir ce genre de désagréments.

Alors que nous rentrons au Syndicat, Kevin et Déborah m’expliquent toute la diversité de leurs missions : aux expertises effectuées tout au long de l’année, s’ajoutent le conseil aux différents services du Syndicat, les litiges et autres réclamations de contentieux, ou encore la veille juridique (suivi des nouvelles dispositions légales et réglementaires). Notre sortie matinale n’est donc que le début d’une longue et passionnante journée au service de l’intérêt général.

Accompagner les communes dans la prévention des inondations

En avril 2013, Alexia Giroud a été embauchée par le SyAGE au titre d’animatrice du PAPI d’intention de l’Yerres. Qu’est-ce que le PAPI? Pourquoi cette pétillante jeune femme a-t-elle intégré les effectifs du Syndicat ? Quelles sont ses missions ? Voilà ce que nous allons vous expliquer …

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Pourvu de plus de 400 km de cours d’eau, le bassin-versant de l’Yerres a une superficie telle qu’elle aurait de quoi en décourager certains. Ce n’est pourtant pas le cas d’Alexia qui, depuis deux ans maintenant, entreprend de l’étudier avec intelligence et soin.

Précédemment ingénieur d’études en hydraulique fluviale, ayant mené bénévolement des missions humanitaires, Alexia s’est bâtie au fil des années un solide bagage théorique et pratique. Elle était donc la candidate idéale pour intégrer un poste à responsabilité, mêlant études hydrauliques approfondies et communication sur le terrain.

 
 
 

Qu’est-ce que le PAPI?

Le PAPI est un Programme d’Actions de Préventions des Inondations, qui inclut 17 actions réparties selon 7 axes thématiques abordant sous des angles variés la question du risque inondation. Ce dispositif est un véritable outil de contractualisation entre l’Etat et les collectivités dans le but de mettre en place des aménagements visant à réduire les risques d’inondation sur le territoire d’un bassin-versant.

Dès 2011, le SyAGE a fait acte de candidature auprès de l’Etat, afin de porter un PAPI d’intention comportant des actions d’études et de communication. Le PAPI d’intention est un programme préparatoire dont l’objectif est de connaître en profondeur le territoire de l’Yerres. En effet, si les caractéristiques techniques de l’aval du cours d’eau sont parfaitement connues des services du Syndicat, celles de l’amont nécessitent des études plus poussées afin d’agir de manière cohérente sur l’ensemble des rivières. Le PAPI d’intention durera jusqu’en décembre 2015, et il sera suivi d’un PAPI complet qui déroulera tout un programme d’actions permettant de limiter les conséquences dommageables du risque inondation.

 

Au service des communes

Polyvalence, voilà le maître mot. Car même si la thématique à travailler demeure la même, les différentes approches obligent Alexia à composer avec de multiples acteurs du territoire.

En effet, outre les études de terrain, Alexia s’emploie à accompagner les communes dans l’élaboration d’un Plan Communal de Sauvegarde (PCS), dispositif répondant à la mise en place d’une organisation communale opérationnelle déployée en cas de gestion de crises majeurs.

A l’accompagnement des élus dans la prise de conscience du risque s’ajoute celui des scolaires et des habitants de la vallée. Ainsi seront mis en place prochainement différents outils pédagogiques permettant aux collégiens de prendre conscience du risque inondation. A titre d’exemple, sont déjà installés différents repères de crues, sont imprimés puis distribués des guides pratiques sur ce qu’il faut faire ou ne pas faire en cas d’inondation, etc…

Pour Alexia, l’objectif premier de sa mission est de faire comprendre aux acteurs locaux que la rivière est vivante, et qu’il faut l’intégrer dans nos modes de vies actuels.

Construire aux bords de l’Yerres : fantasme ou réalité ?

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La vallée de l’Yerres est faite d’un terreau si particulier qu’il permet à d’étonnants talents d’émerger…

Sylvain Pasquier a vécu pendant 4 ans à Yerres, période pendant laquelle il a effectué des études d’architecture à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-La Villette. Son projet de fin d’études était consacré à la construction de logements collectifs et individuels en zones inondables. En plein sur les bords de l’Yerres à Montgeron, le terrain sur lequel ont pris place les logements de Sylvain sont situés en majorité dans les zones rouges et roses du PPRI, zones où toute construction nouvelle est interdite sauf exceptions et autorisations exceptionnelles.

 

Une architecture résiliente

Purement théorique, le projet du jeune architecte Yerrois avait néanmoins pour ambition de donner à réfléchir sur de nouvelles manières de construire en zones inondables. En effet, des constructions classiques à cet endroit ne feraient qu’augmenter l’imperméabilité des sols et favoriseraient ainsi les risques d’inondation. Tandis que les constructions résilientes permettraient de réduire l’étalement urbain et ainsi de suivre l’objectif du développement durable.

Prenant acte de cette difficulté structurelle, S. Pasquier a proposé une technique de construction adaptée au terrain : chacune des maisons est construite sur un bâti flottant, sans ciment en dessous, à partir de matériaux traditionnels privilégiant les structures en bois. De part et d’autres des structures, des piliers permettent d’alimenter les bâtiments par des gaines flexibles en électricité, eau courante et gaz, et les empêche de dériver lorsqu’il flotte. Ce système « sur pilotis »permet aux bâtiments de supporter une montée des eaux de 5,5 mètres.

 

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Les zones rouges et roses du PPRI de l’Yerres, situées entre la rue du Moulin de Senlis et le Parking Foch à Montgeron, déterminent le lieu où le projet de Sylvain Pasquier devait prendre place.

 

Des modèles au-delà de nos frontières

Fortement inspiré par les techniques de construction ayant cours aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni, par exemple, Sylvain Pasquier pense que la réglementation française doit être adaptée afin de pouvoir construire dans des endroits situés en zones PPRI. En effet, les deux pays cités précédemment choisissent de considérer le problème autrement. Plutôt que de lutter contre l’inondation, ils ont pris le parti de s’adapter grâce àdes techniques de constructions inédites. C’est de cette façon que le programme « Living With Water » est né.

 Sylvain Pasquier a vu couronner son projet par Le Prix des Lecteurs dans la revue « Le courrier de l’Architecte », édition 2011. C’est une étape importante pour ce Yerrois de cœur qui nous a confié avoir vu sa vocation émerger au sortir de la tempête Xynthia qui a frappée plusieurs pays entre février et mars 2010. En effet, « en voyant les ravages matériels et humains causés par ce drame, nous raconte-t-il, je me suis demandé pourquoi nous n’adaptions pas nos maisons aux aléas du climat ».

Veiller sur la vallée et ses habitants

Vincent Delecour est entré au SyAGE en 2008. Précédemment employé par une association de protection de la nature, puis passé par différents postes au sein du Syndicat, Vincent a toujours su garder un fil directeur à son travail : garantir à la biodiversité le respect qui lui est dû.

Vincent-webSoumise aux exigences des activités humaines, la nature a souvent besoin d’une main secourable pour entretenir et restaurer son patrimoine. Au Syndicat, cette mission est prise en charge notamment par Vincent Delecour. Ce dernier propose et met en œuvre un plan d’action pour rénover des espaces naturels usés par le temps et les hommes. La restauration de l’étang de Villecresnes est un bon exemple de cette « seconde vie » que Vincent permet de faire émerger.

Comme dans tous cours d’eau non domaniaux, l’entretien des parties en domaine privée de l’Yerres est à la charge du propriétaire riverain chez qui il passe. A l’inverse, la gestion des parties publiques est organisée par le service Aménagement & Protection des Milieux du SyAGE – dont Vincent dépend, et entretenue par le service Gestion et Entretien de la Rivière. Intervenant essentiellement pour les communes dont la compétence Rivière a été déléguée au SyAGE, Vincent a à cœur de concilier les attentes des usagers et le respect de la nature.

 
 

Le classement de la vallée de l’Yerres au titre de la loi Monuments et Sites depuis le 23 décembre 2006 lui reconnaît un cachet et une identité unique dans le paysage français. Le promeneur empruntant la Liaison Verte de Crosne à Varennes-Jarcy saura apprécier la faune et la flore diversifiées qui bordent son parcours. Cette biodiversité se retrouve aussi dans les mares, les fossés et les rus à proximité de la rivière. Le travail de Vincent se place dans la même optique de promotion du territoire. « La taille des saules en têtards, nous dit-il, se retrouve fréquemment dans la vallée de l’Yerres. Cette coupe particulière offre un habitat naturel à un certain nombre d’insectes ». Sauvegarde de la biodiversité peut donc rimer avec beauté de la vallée !

En soutenant une gestion raisonnée du patrimoine naturel au rythme de réalisations ponctuelles tout au long de la rivière, Vincent ainsi que tous les agents chargés de la protection de la biodiversité entendent délivrer un message simple : celui du respect de la nature et du cycle de vie de ses habitants.