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Croqueurs de pommes : 70 ans après, les fruits anciens de retour sur les étals

Il faut être passionné pour tailler une trentaine d’arbres dans le froid et sous la pluie, un après-midi terne de décembre. Ça tombe bien, Claude Ollivier, président des Croqueurs de pommes Île-de-France, l’est, tout comme les membres de l’association qui l’accompagnaient ce jour-là dans le parc du Gros buisson, à Vigneux-sur-Seine. « Nous reconstituons un verger, comme celui qui était là il y a longtemps, explique le président. Certains poiriers dans le parc ont bien 100 ou 150 ans ! »

Un arrêté ministériel libérateur

Les Croqueurs de pommes ont pour objectif la conservation du patrimoine fruitier, toutes espèces confondues (cerisier, abricotier, prunier…), comme leur nom ne l’indique pas. Un combat qui a connu une grande victoire le 18 août dernier, jour de parution d’un arrêté du ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation qui élargit le « catalogue » des espèces d’arbres fruitiers pouvant être commercialisées en France. « C’est un événement essentiel ! Rendez-vous compte : les fruits qui faisaient le délice de nos grands-parents étaient interdits de vente en France depuis 1947. Nos instances gouvernementales avaient limité la commercialisation à environ 80 variétés de pommes pour ne proposer que des fruits standardisés, la plupart cultivés chez nous mais d’origine étrangère, telles la golden, américaine, et les granny smith et pink lady, toutes deux australiennes, raconte Claude Ollivier. Cela a duré 70 ans ! Et nous, qui n’étions considéré que comme de « gentils collectionneurs », nous avons eu une influence sur cette décision et nous en sommes fiers. » Mais pourquoi les fruits anciens n’ont-ils donc pas encore débarqué sur les étals des grandes surfaces ? « La nouvelle est encore peu connue, nous l’apprenons à certains professionnels. Sur le marché de Rungis, on ne trouve encore que les fruits du catalogue, remarque le président. De toute façon, on ne trouvera la plupart des variétés anciennes qu’en circuit court. Elles vont revenir petit à petit. Il faut d’abord attendre que les jeunes arbres soient greffés par les pépiniéristes professionnels qui les proposeront ensuite aux arboriculteurs et aux particuliers. »

2 250 variétés de pommes différentes en France

Preuve de la considération dont jouit l’association, les Croqueurs de pommes collaborent avec l’Institut de recherche en horticulture et semences pour l’inventaire des espèces et des variétés de fruits sur le territoire, débuté en 2010. « On dénombre par exemple déjà plus de 2 250 variétés de pommes et 1 100 de poires  alors que l’inventaire ne couvre pour l’instant que 55 % du territoire. » Cette connaissance se veut très précise puisque les chercheurs arrivent maintenant à séquencer le génome des arbres fruitiers. Celui du pommier domestique, réalisé en 2010 par un consortium international qui comprend l’Institut National de la Recherche Agronomique (Inra), permettra de créer de nouvelles variétés de pommes. L’association apporte également son concours pour remonter dans le temps des filiations, au-delà de l’époque où la science doit s’arrêter, faute d’informations. Un membre de l’association spécialiste de pomologie (science des fruits comestibles), Henri Fourey, peut alors aider les chercheurs avec sa collection de 1 350 ouvrages sur le sujet.

Henri Fourey (à gauche) et Claude Ollivier (avec un chapeau) mettent volontiers en pratique leur expertise.

Par ailleurs, l’association a apporté son expertise pour la création du verger situé rue du Moulin de Senlis, à cheval sur les communes de Montgeron et de Villeneuve-Saint-Georges. Ce verger compte une vingtaine d’arbres et 140 arbustes : pommiers, poiriers, néfliers, framboisiers, noyers… Créé en 2017 sur un terrain appartenant au SyAGE, il bénéficie d’une gestion différenciée, dont l’objectif est de bénéficier à la faune tout en proposant un accueil satisfaisant du public grâce à l’entretien des chemins et de leurs abords. Les arbres de plein vent (au contraire des formes palissées, plus basses et souvent adossées à un mur) ne produiront des fruits que dans les 10 à 15 années à venir. En revanche, dès la première année du verger, on a pu y trouver des mûres, des groseilles, du cassis et quelques cerises. « Tous les fruits sont destinés à la consommation libre des visiteurs, précise Vincent Delecour, qui a porté le projet au sein du syndicat. Ce qui fait de ce verger une réalisation inscrite dans la logique de développement durable. »

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Castor en Île-de-France : nouvelle découverte

Thierry Führer a décidément de la pugnacité. Alors que c’était déjà lui qui avait découvert la première preuve de la présence du castor en Essonne, en mai 2016, il a récidivé vendredi dernier. Cette fois, il ne s’agit plus d’un petit érable boulotté (grignoté) mais d’un site « travaillé » régulièrement, avec plusieurs arbres imposants abattus et de nombreuses autres branches coupées « en crayon », la manière caractéristique du rongeur qui avait pourtant disparu d’Île-de-France depuis deux siècles !

Alexandre Gerbaud (à gauche) et Thierry Führer ont récolté de multiples preuves de la présence du castor sur l’Essonne.

Le surveillant rivière du Siarce * apporte donc une nouvelle preuve du retour du castor, lui qui avait failli le voir en mai 2016. Ce jour-là, l’animal avait plongé près de lui sans qu’il ait le temps de le distinguer. Si cette observation visuelle manque toujours, il est désormais certain que le castor est de retour. Et ce vendredi décisif ouvre de nouvelles perspectives. « La hutte qui avait été découverte à Echarcon était inoccupée, confie Alexandre Gerbaud, technicien milieux aquatiques du Siarce. Cette fois, on a de grandes chances d’observer le castor sur ce site. Je pense que le portrait, c’est pour 2018 ! » Ce que l’on sait aujourd’hui, grâce aux traces relevées depuis 2016 tout le long de l’Essonne et notamment lors de la grosse campagne de prospection menée par plusieurs organismes dont le Siarce et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) en février et mars 2017, c’est que « l’animal est un castor d’Europe** et qu’il est très probable qu’il soit venu de la Loire, où il a été réintroduit au XXe siècle, à travers la forêt d’Orléans qui fait la jonction entre les bassins hydrographiques de la Loire et de la Seine », reprend Alexandre Gerbaud. On sait également qu’il y a plusieurs individus, les traces étant très éloignées les unes des autres, et que le milieu très propice des berges de l’Essonne, avec ses boisements alluviaux et son peu d’urbanisation, devrait faciliter son acclimatation et sa reproduction.

Lieu tenu secret

La zone découverte vendredi témoigne d’une activité encore jamais observée pour le castor en Île-de-France depuis sa recolonisation. (Photo Siarce)

Le lieu de la découverte de vendredi restera secret, pour ne pas déranger les animaux et éviter un afflux d’observateurs sur zone, tant l’animal suscite l’intérêt. Car les enjeux de son retour dépassent le seul aspect zoologique. « S’il revient, c’est la preuve que la rivière présente une meilleure habitabilité alors qu’elle avait été extrêmement fragilisée dans le passé par l’exploitation de la tourbe et l’implantation de peupleraies », relève Thierry Führer. Le maintien ou la réapparition de l’écrevisse à pattes blanches et de l’œnanthe fluviale avaient déjà témoigné de l’amélioration sensible de la qualité de l’eau. C’est donc la vision du milieu naturel qui change avec le castor. De même, l’animal peut être considéré comme un « ingénieur des éco-systèmes ». « C’est une espèce qui occupe le haut de la pyramide et peut recréer des milieux, faire revenir d’autres espèces. Par exemple, en coupant des arbres, ce qui ouvre des puits de lumière », abonde Alexandre Gerbaud. De quoi pardonner au castor les petites inondations et dégâts sur les peupleraies et arbres fruitiers qu’il occasionnerait. « Mais sur 95 % du territoire, il y aura zéro impact, rassure Thierry Führer. Et on en reparlera quand il y aura 100 familles installées, s’il n’y en a que dix, ça ne posera aucun problème. » Preuve de cette importance écologique, un arrêté préfectoral a été pris le 30 juin 2017 pour interdire le piégeage mortel sur les bords de la rivière dans 21 communes de l’Essonne où « cette espèce (le castor) est présente de manière avérée au vu du dynamisme de la phase de recolonisation qui est en cours. »

Des traces sur l’Yerres ?

La zone découverte vendredi témoigne d’une activité encore jamais observée pour le castor en Île-de-France depuis sa recolonisation. (Photo Siarce)

Mais puisque le rongeur est arrivé si près de Paris, peut-on imaginer qu’il continue sa remontée vers la capitale par l’Yerres et la Seine ? « Les traces s’arrêtent en amont de Corbeil-Essonnes, qui paraît être un obstacle infranchissable du fait de son urbanisation, analyse Alexandre Gerbaud. Sans compter les nombreux ouvrages hydrauliques. Il est donc hautement improbable qu’il soit allé en Seine mais restons prudents sur sa capacité de dispersion et d’adaptation. » Cependant, pour atteindre l’Essonne, le castor a dû passer par la Ferté-Alais, où personne ne l’a vu, et franchir des ouvrages. Et certaines parties de l’Yerres seraient favorables, selon les deux hommes. Alors ? « Rien n’est impossible, tranche Thierry Führer. En tous cas, je regarderai maintenant quand je serai sur l’Orge et l’Yerres si je ne vois pas des branches un peu blanches et des arbres coupés. Car il faut être très vigilant, tant qu’on ne cherche pas, les traces ne se remarquent pas. » Selon Paul Hurel, animateur du Réseau castor Île-de-France mis en place par l’ONCFS, le chemin le plus facile pour l’animal pour rejoindre la Seine passerait plutôt par le Loing. Sa présence sur cette rivière est avérée jusqu’au pont autoroutier de l’A 19, près de Montargis. La grosse crue de 2016 pourrait l’avoir poussé vers l’aval, vers Nemours.

En cas d’observation de l’animal ou de découvertes de traces, contactez le Réseau castor Île-de-France à cette adresse : paul.hurel@oncfs.gouv.fr

* Le Syndicat intercommunal d’aménagement des rivières et du cycle de l’eau est basé à Corbeil-Essonnes. Tél. : 01 60 89 82 20.

** Il existe aussi un castor du canada, classé comme espèce exotique envahissante. L’hypothèse que ce soit cette espèce qui se trouve en Essonne est écartée par les deux hommes du Siarce et Paul Hurel.

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Abeilles Aide et Entraide, l’employeur qui cultive la solidarité

Virginie Gesbert (au premier plan), directrice d’Abeilles Aide et Entraide, et Eléa Laouari, chargée d’insertion, dans l’une des serres du site.

A Abeilles Maraîchères, on cultive 52 espèces de légumes, parfois anciennes, et 132 variétés. Bios. Et ceux qui les cultivent ont des parcours avec autant de variété. Mais tous ces cas d’espèces ont un point commun : leur difficulté à accéder ou à retrouver un emploi.

L’établissement, situé à Crosne, est officiellement un « chantier d’insertion » mais ce terme ne satisfait pas Virginie Gesbert, la directrice de l’association Abeilles Aide et Entraide, dont il dépend. La jeune femme préfère utiliser celui d’employeur solidaire. Solidarité à destination des 20 salariés qui travaillent, en moyenne, sur le site qui, outre la culture de légumes, de la graine au produit final, comprend également un poulailler et une activité espaces verts. Et, plus globalement, solidarité envers les 300 demandeurs d’emploi que l’association accueille chaque année dans ses deux antennes, pour les orienter, leur trouver des formations et, majoritairement, les salarier*. Avec des contrats, réalisés chez des personnes physiques ou morales, plus ou moins longs : parfois, deux heures mensuelles se révèlent un bon début pour reprendre pied. « Nous les accompagnons dans un projet professionnel, dans un projet de vie, souligne Virginie Gesbert. La première étape de ce parcours est de retrouver la confiance en soi. Souvent, ils n’ont pas travaillé depuis longtemps et beaucoup ont connu des épisodes de vie difficiles. La seconde est de les intéresser et les mobiliser. La troisième est de travailler sur un projet professionnel évolutif. »

Employeur multiservice

Thierry et Ibrahim nettoyaient les légumes destinés aux paniers vendus par l’association.

L’éventail des emplois proposés par Abeilles Aide et Entraide est large. Ils se rencontrent dans les domaines du nettoyage (de plus en plus, grâce aux marchés publics), des petits travaux (maçonnerie, peinture…), de la manutention, des espaces verts… C’est dans ce domaine que le SyAGE confie à l’association des opérations d’arrachage de renouée du Japon, plante fortement invasive. « Nous tenons à être multiservice, reprend Virginie Gesbert. Et de plus en plus. Par exemple, nous venons d’être contacté par une entreprise pour de la mise sous plis : c’est formidable car c’est une activité qui convient à des personnes qui ont des problèmes de santé et n’ont donc pas accès aux missions plus physiques. » Abeilles Maraîchère, comme chantier d’insertion, peut proposer des CDD d’insertion de six mois renouvelables et 26 à 35 heures mensuelles, qui permettent d’accélérer beaucoup de démarches, notamment de logement. Les autres contrats de l’association sont pour leur grande majorité des CDD d’usage (en « extra »), mensuels et qui peuvent comprendre peu d’heures de travail. Ce qui n’empêche pas les « sorties positives » de l’association, c’est-à-dire les demandeurs d’emploi qui quittent la structure pour un CDI, des CDD de plus de six mois, une formation qualifiante ou même un départ en retraite. Ces sorties positives sont largement majoritaires, représentant, par exemple, 71 % en 2016, en incluant les CDD de moins de six mois et les entrées en formation non qualifiante. Parmi elles, 24 % ont concerné des emplois durables (CDI et CDD de plus de six mois).

Paniers de légumes à vendre

Des « paniers » de légumes sont vendus par Abeilles Maraîchère chaque semaine.

Parmi ces sorties heureuses, figurent de belles histoires, comme celle de cet homme âgé de 40 ans, qui se trouvait dans une situation catastrophique à son arrivée à l’association. Abimé par problèmes d’alcool et comportementaux  hérités d’un contexte familial dramatique mais conscient d’avoir gâché les quarante premières années de sa vie, il a adhéré au parcours professionnel proposé par l’équipe permanente de l’association (16 postes), suivi une formation qualifiante qui a débouché sur un recrutement. Ou encore celle de cette femme à qui Abeilles a proposé d’abord un travail puis un poste de chef d’équipe. « Je voulais d’abord refuser car je ne m’en sentais pas capable, témoigne-t-elle dans le rapport d’activité 2016 de l’association. J’ai avancé dans ma vie, j’ai du travail stable et je dors bien. » La belle histoire, tout le monde peut aussi l’écrire en achetant les paniers de légumes qu’Abeilles Maraîchère propose chaque semaine**.

* Abeilles Aide et Entraide est une Association Intermédiaire. A but non lucratif, elle embauche des demandeurs d’emploi de la Communauté d’agglomération Val d’Yerres – Val de Seine pour les mettre à disposition, à titre onéreux, de donneurs d’ordre, personnes physiques ou morales. Chiffre d’affaires d’environ 2 millions d’euros en 2017. Son siège administratif se situe à Yerres : tél. 01 69 48 88 43. Elle compte des antennes à Draveil et Epinay-sous-Sénart.

** Paniers à 8 ou 13 euros, chaque semaine. Adhésion à l’année. Egalement vente directe, au 5, rue des bâtisseurs, à Crosne, le mercredi, de 16 h à 19 h et les jeudi et vendredi, de 9 h à 17 h. Téléphone : 09 67 21 18 40 et 06 08 10 96 75.

Surveiller, traiter, résorber : l’expertise du Syndicat au service de votre rivière

Ambiance rivière

Acteur majeur de la sauvegarde de votre environnement, le SyAGE lutte contre les pollutions dans l’Yerres. Découvrez ci-dessous comment agissent nos équipes pour préserver la santé de votre rivière.

Puisque chaque goutte d’eau tombée sur le bassin versant alimente l’Yerres, la rivière est au cœur des missions du SyAGE, et plus particulièrement de celles du service Contrôle des Milieux Naturels. Les trois agents de ce service alternent travail sur le terrain et en laboratoire afin de veiller sur la bonne qualité des eaux, et de lutter contre les pollutions.

Une fois appelés sur le terrain, et après avoir identifié la nature de la pollution grâce à des analyses effectuées à partir de prélèvements, les techniciens contiennent cette dernière par la mise en place de barrages filtrants sur la rivière. Puis, ils se mettent en relation avec leurs homologues au SyAGE afin de tout faire pour la résorber au plus vite.

En outre, les services communaux sont alertés car le Maire, dans le cadre de son pouvoir de police, est garant « de la sûreté, la sécurité et la salubrité publique  » (article L2212.2 du Code Général des Collectivités Territoriales).

 
Une fois la pollution stoppée, la vigilance demeure …

Les réseaux d’eaux usées présents sur le territoire du SyAGE concerné par la compétence « Assainissement », acheminent les effluents vers la station d’épuration de Valenton, qui, après les avoir traités, va ensuite les rejeter dans la Seine. C’est pourquoi seules les eaux pluviales tombées sur l’aval du bassin-versant de l’Yerres sont déversées dans la rivière.

Le Syndicat dispose d’un service Cartographie qui recense tout son patrimoine, dont l’intégralité des réseaux d’eaux pluviales. Grâce aux plans fournis par ce service, les agents présents sur le terrain remontent le réseau d’où est sortie la pollution. «  La procédure consiste à soulever chaque tampon pour voir si nous y apercevons des traces de pollution, et de s’orienter dans le réseau en fonction de ce que nous y observons. De cette manière, nous sommes sûrs d’arriver à sa source. », explique Franck Moritz, technicien pour le service Contrôle des Milieux Naturels.

Selon la source de la pollution, plusieurs actions peuvent être envisagées par les différents services du SyAGE. Si des travaux de réhabilitation ou de curage des réseaux publics sont nécessaires, alors les équipes du Syndicat feront intervenir le prestataire adapté pour les réaliser. Si un défaut de fonctionnement des installations se trouvant dans le domaine privé est constaté, le Syndicat sera à même de demander leur mise en conformité. Un suivi des travaux engagés à cet effet sera alors effectué. Enfin, le milieu naturel est réaménagé pour faire disparaître toutes les détériorations consécutives à la pollution.

Après identification de l’auteur de la pollution, les services financiers et juridiques du Syndicat sont en mesure de lui réclamer un dédommagement couvrant les frais engagés pour la dépollution, en vertu du principe « pollueur-payeur » qui précise que « les frais résultant des mesures de prévention, de réduction de la pollution et de lutte contre celle-ci doivent être supportés par le pollueur » (article L110-1, II, 3° du code de l’environnement).

« Grâce à l’expertise de nos agents, 22 pollutions sur l’Yerres ont pu être traitées pendant l’année 2015 », nous explique Steven Bouget, chef du service Contrôle des Milieux Naturels.

C’est pourquoi, si vous êtes témoin d’une pollution sur l’Yerres, n’hésitez pas à contacter le Syndicat en composant le 01-69-83-72-72. En effet, un système d’astreinte permet d’intervenir 24h/24 et 7 jours sur 7, sur une pollution signalée sur le territoire pour juger de sa gravité et intervenir le cas échéant …

Comprendre l’action du SyAGE dans la lutte contre les inondations : L’avenue de la Résistance à Yerres

Outre le service public de l’assainissement collectif, le SyAGE assure aussi la gestion des eaux pluviales sur son territoire. La bonne exécution de ces deux compétences est possible grâce à la division du système de transport en deux réseaux distincts : celui dans lequel transitent les eaux usées pour rejoindre la station d’épuration de Valenton, et celui consacré aux eaux pluviales, qui les acheminent directement vers le milieu naturel.

Début 2006, quelques habitants des rues perpendiculaires à l’avenue de la Résistance à Yerres, située non loin de la Forêt de Sénart, se sont plaints d’inondations sur leur propriété. Le SyAGE a tout de suite été alerté afin qu’une solution puisse être trouvée le plus rapidement possible.

Sous l’Avenue de la Résistance passe un collecteur d’eaux pluviales – canalisation principale sur laquelle est branchée une série de conduites secondaires. Ce collecteur a pour fonction de récupérer les eaux de ruissellement arrivant par les avaloirs et les eaux pluviales issues des propriétés privées, pour ensuite les acheminer jusqu’à la rivière.

Lors de forts épisodes pluvieux, cette canalisation se remplissait très rapidement, et n’était plus en mesure de recueillir toutes les eaux acheminées par les conduites des rues perpendiculaires. Celles-ci refluaient alors, et provoquaient des inondations chez les particuliers.

Pour remédier à cela, il a été décidé de construire 4 bassins de rétention d’eaux pluviales enterrés à 3 mètres sous terre, parallèles au collecteur et reliés à ce dernier par des tuyaux d’alimentation. D’un volume utile de 1235 m3, ces ouvrages ont vocation à recueillir l’excédent d’eaux de pluie arrivant dans le collecteur principal, et ainsi permettre au réseau de ne pas être engorgé.

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                                               Pose d’un bassin de rétention d’eaux pluviales enterré

« Ces bassins assurent aussi une fonction de dépollution », indique Cyril Gitton, chef du service Entretien aux Communes au SyAGE. En effet, chaque conduite reliant bassin et collecteur est équipée d’une vanne qui, par temps sec, est complètement ouverte. Mais qui, après que le bassin se soit rempli complètement, se ferme 8h durant, afin d’assurer le processus de décantation des matières solides, et ainsi épurer les eaux de ruissellement contenues dans ces structures. « Malgré son efficacité, ce procédé n’égale pas celui, plus sophistiqué, utilisé dans les dépollueurs d’eaux pluviales situés à proximité du rejet en rivière», tient à préciser Cyril Gitton.

Grâce à ces travaux, les inondations pluviales ont pu cesser chez les riverains concernés.

Penser globalement pour agir localement : l’engagement du SyAGE au sein du Pacte de Paris

À l’occasion de la COP21, 300 organismes du monde entier, dont le SyAGE, ont signé le Pacte de Paris. Ce plan d’action a pour but de soutenir et de mettre en œuvre l’adaptation au changement climatique dans les bassins hydrologiques. Nathalie Guesdon, Directeur Général des Services du SyAGE, revient sur les raisons de notre engagement

 
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« Aucun pays ne sera épargné par la crise climatique. Certains d’ailleurs en subissent déjà les conséquences. Il était donc nécessaire que le SyAGE s’empare des outils mis à sa disposition pour relever le défi de l’adaptation au changement climatique sur son territoire.

Le Pacte de Paris est un dispositif unique. Porté par le Réseau International des Organismes de Bassins, il permettra à notre Syndicat de s’appuyer sur une large communauté d’acteurs nationaux et internationaux afin d’échanger et de coopérer sur ces sujets. En effet, je pense qu’il est indispensable de comprendre comment l’adaptation au changement climatique est pensée et portée par d’autres organismes de bassins afin de pouvoir mieux sensibiliser et impliquer élus et usagers du bassin versant de l’Yerres.

 

La lutte contre le changement climatique est une mobilisation citoyenne avant tout. C’est pourquoi, outre les indispensables retours d’expériences des professionnels du secteur, nous aurons besoin de toutes les bonnes volontés afin de concrétiser ensemble les alternatives pour réussir la transition écologique ».

 

Pour voir l’ensemble des acteurs signataires du Pacte de Paris, cliquez ici.

Erratum

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Une erreur s’est glissée dans le dernier journal du SyAGE …

Dans la page 5 de L’eau n°76, nous vous avions indiqué qu’un crédit d’impôt avait été voté « le 30 décembre 2006 pour toute installation permettant la récupération et l’utilisation des eaux de pluie pour certains usages et sous certaines conditions techniques ».

Malheureusement, depuis le 1er janvier 2014, les équipements de récupération et de traitement des eaux pluviales ne sont plus éligibles au crédit d’impôt. Ils ne l’ont été qu’entre le 1er janvier 2007 et le 31 décembre 2013.

Nous vous présentons nos excuses pour cette erreur.

Rendre l’assainissement accessible à tous : l’expertise du SyAGE au Bénin

Aujourd’hui, 19 novembre, nous célébrons la journée mondiale des toilettes. Cet événement, créé et entérinée par l’Assemblée Générale de l’ONU, a pour objectif de sensibiliser le grand public à l’importance de l’accès à une eau salubre et à un système d’assainissement viable. Pourtant, 2,4 milliards de personnes dans le monde ne peuvent y prétendre. Agir pour remédier à ce problème est donc essentiel, car il reste du chemin à parcourir.

Dans le cadre d’une opération de coopération décentralisée réalisée en partenariat avec la ville de Crosne, deux agents du SyAGE sont partis en 2012 dans la ville de Bopa au Bénin, afin d’apporter leur expertise aux habitants pour rénover les latrines sur leur territoire. Témoignage de Franck Moritz, qui a participé à cette opération.

bopa

La ville de Bopa, située au Bénin en bordure du Lac Ahémé

« Bopa est située en bordure du lac Ahémé, au nord-est du pays. Construite en plein milieu d’une zone rurale, cette ville est composée en majorité d’agriculteurs.

Dès notre arrivée, nous avons commencé la tournée des écoles et des quartiers de Bopa où les latrines sont construites. À l’aide d’un interprète, nous avons pu multiplier les échanges avec les habitants afin de cerner au mieux leurs difficultés et leurs attentes. En effet, notre mission était d’accompagner la population dans la rénovation de ses installations sanitaires, et non de nous y substituer.

Ensemble, nous avons cartographié les aménagements existants et indiqués où les nouvelles latrines devraient se situer. Certaines contraintes ont guidé nos décisions. Il fallait par exemple que les différentes toilettes aient des fontaines à proximité afin que les gens puissent se laver les mains. Ou encore que les installations ne soient ni trop proches, ni trop éloignées des habitations pour que chacun puisse s’y rendre, sans toutefois être gêné par les odeurs au sein de sa propre maison.

Enfin, les habitants nous ont fait part de leur souhait de pouvoir vidanger les latrines afin de faire du compost pour leurs champs. Nous avons alors imaginés les solutions techniques adéquates. »

Information importante : rénovation de la descente à bateaux à Brunoy

Depuis mercredi dernier, le SyAGE rénove la descente à bateaux près du pont de Soulins à Brunoy.

Prise de vue aérienne de la rivière

Le chantier, utilisant notamment des techniques de Génie Végétal, durera pendant une vingtaine de jours. Des variations du niveau de l’eau pourront être observées sur les lieux des travaux, jeudi 8 et vendredi 9 octobre 2015.

En effet, une régulation sera mise en œuvre afin de permettre aux équipes de travailler en toute sécurité.

Nous vous prions de nous excuser d’avance pour la gêne occasionnée.

Le rôle du SyAGE : faire cohabiter l’homme avec son environnement

Young Couple Enjoying Near River With Swans Around

Gérer l’Yerres de sa source jusqu’à sa confluence suppose de concilier l’urbanisation de la vallée et le fonctionnement naturel de la rivière. Faire cohabiter l’homme et son environnement, l’expertise technique et la préservation des milieux naturels : voilà le défi relevé par notre Syndicat.

 

Réconcilier l’homme et la rivière

Suite à la crue de 1978, le SyAGE a installé 8 barrages sur le linéaire de la rivière. Ces installations sont nécessaires à la régulation de l’Yerres . En effet, toutes les rivières alternent entre des périodes d’étiages et de crues. L’étiage correspond statistiquement à la période de l’année où le niveau de l’eau est le plus bas. Pour l’Yerres, elle s’étend de juillet à septembre. La crue, au contraire, est définie par l’accroissement de l’écoulement d’un cours d’eau provoquant le débordement du lit mineur. Pour l’Yerres, elle se situe d’octobre à avril.

Pour mieux accompagner les habitants de la vallée dans la gestion du risque de crue, le SyAGE porte depuis le 17 octobre 2012 un Programme d’Actions de Prévention des Inondations (PAPI). Ce programme a un double objectif : avoir une connaissance globale du phénomène de crue à l’échelle du bassin versant, et raviver la conscience du risque et la culture de la crue chez les riverains. En effet, par le biais de ce programme, une multitude d’outils (programme pédagogique, aide à la rédaction du Plan Communal de Sauvegarde, etc) sont mis à disposition des communes comme des riverains pour mieux les aider à appréhender le fonctionnement naturel de la rivière, et à tout faire pour préserver leurs habitations des éventuels dommages qu’elle peut leur infliger.

En plus des actions de régulation de l’Yerres effectuées par l’homme et de la sensibilisation des riverains au risque de crue, il est nécessaire d’agir en amont du problème et de comprendre quels sont les mécanismes qui font que la rivière se régule d’elle-même et d’adapter nos comportements …

Les zones humides

La renaturation des zones humides sur le territoire de la vallée fait aussi partie des compétences du Syndicat, dans le cadre de la mise en œuvre du SAGE (Schéma d’Aménagement de Gestion des Eaux). Au carrefour des écosystèmes terrestres et aquatiques, ces espaces sont de véritables foyers de vie favorisant une grande biodiversité. Les zones humides, par exemple, ont la faveur des batraciens qui y accomplissent l’intégralité de leur cycle biologique (reproduction, alimentation, refuge, hibernage).

Outre leurs fonctions biologiques évidentes, les zones humides participent à la régulation du débit de l’Yerres. En effet, grâce à leur fonction de zone tampon, elles permettent d’atténuer les crues et fournissent un  » soutien  » à la rivière en cas d’étiage trop important. Leur capacité de stocker et de restituer progressivement de grandes quantités d’eau, permet l’alimentation des nappes d’eau souterraines et superficielles. Et en favorisant l’épuration grâce à leur riche biocœnose, les zones humides participent à la préservation de la qualité de l’eau.

L’Yerres et ses zones humides ne font qu’un ; préservons-les ensemble.