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Échanges d’expertises : quand l’Yerres rencontre l’Orge

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Entre professionnels de l’environnement, le dialogue est toujours fructueux. C’est pour cela que le Syndicat organise régulièrement des échanges avec des structures chargées de missions semblables aux siennes.
Dans cette optique, le jeudi 25 Février au matin, le service Contrôle des Milieux Naturels du SyAGE est allé à la rencontre de son homologue au Syndicat de l’Orge. Explications avec Steven Bouget, chef de ce service.

 
 
 
 

« Le SyAGE a deux stations de mesure : la première est située à Villeneuve-Saint-Georges, à la confluence entre l’Yerres et la Seine, et la deuxième se trouve au Parc des Deux Rivières à Yerres, sur le Réveillon.

Nous projetons de construire une troisième station de mesure de la qualité de l’eau, plus en amont, à Évry-Grégy-sur-Yerres, ville située géographiquement entre les deux contrats de bassins pilotés par le SyAGE. Cela nous permettrait de mesurer les éventuelles pollutions en transit vers l’aval, et donc de fournir de précieuses informations afin d’améliorer la qualité de l’eau sur l’ensemble du bassin versant.

Outre cette problématique stratégique, il nous a semblé essentiel de solliciter des retours d’expériences du Syndicat de l’Orge afin de mener ce projet à bien. En effet, les services de cette structure possèdent et gèrent 5 stations de mesure sur l’Orge aval. Ils possèdent donc un savoir-faire technique indéniable, qu’ils ont été ravis de nous faire partager.

La station que nous sommes allés visiter se situe dans la commune d’Arpajon. Elle est reliée au réseau d’eaux usées et à celui d’eau potable. C’est un avantage non négligeable, car cela permet de nettoyer les instruments de mesure, et d’évacuer facilement les réactifs utilisés pour mesurer la qualité de l’eau.

De plus, le système de pompage en place est relativement simple, du fait de la proximité avec le cours d’eau et du faible dénivelé, et donc d’un coût assez faible. Suite aux soucis que nous avons eus sur notre station de Villeneuve-Saint-Georges, connaître l’existence de ce type de pompe nous a été très utile.

Enfin, on nous a conseillé d’éviter les pièces de tuyauterie sur-mesure, car elles rendent les opérations de maintenance plus compliquées et surtout plus coûteuses.

Les agents que nous avons rencontrés étaient tous très professionnels et compétents. Nous les avons invité à nous demander, à leur tour des conseils, et nous les convierons avec plaisir à l’inauguration de notre future station ! »

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Confluences : de l’Orge à l’Yerres

Confluences est une série d’interviews croisées qui a pour ambition de confronter les points de vue des différents acteurs de l’environnement à travers le monde. Après avoir rencontré deux acteurs du SAGE, aujourd’hui, nous laissons la parole à Laura Stoll et Vincent Delecour, tous deux chargés de la valorisation du patrimoine naturel au Syndicat de l’Orge et au SyAGE.

 

Pouvez-vous nous présenter vos parcours ?

Laura Stoll – J’ai toujours voulu me diriger vers un métier me permettant d’exercer ma passion : le dessin. C’est pourquoi, après un baccalauréat littéraire option arts plastiques, j’ai validé un BTS Design d’Espace à l’Ecole de Condé, puis un BTSA d’Aménagement Paysager.

Cette expérience m’a permis de me familiariser avec un domaine qui m’était inconnu jusqu’alors, conciliant l’art et l’écologie. C’est à ce moment-là que j’ai su que le métier de paysagiste allait me convenir parfaitement.

Après plusieurs stages, j’ai finalement été admise à l’Ecole Nationale Supérieure de Paysage de Versailles. Dès la deuxième année de formation, j’ai choisi l’alternance afin de comprendre concrètement quelles sont les exigences de ce métier. C’est pourquoi j’ai postulé et été engagée en tant qu’apprentie au Syndicat de l’Orge à la rentrée 2015.

 

Vincent Delecour – Tout petit déjà, j’accompagnais mon père lors de promenades dans la nature. C’est là que j’ai découvert ma vocation. Adolescent, j’ai suivi un cursus lié à l’environnement : après une seconde agricole, j’ai validé un BTA Gestion de la Faune Sauvage, puis un BTSA Gestion et Protection de la Nature.

Alors que j’étais en âge d’effectuer mon service militaire, j’ai choisi d’opter pour le statut d’ « objecteur de conscience » – ancêtre du service civil – et l’ai effectué durant 12 mois au sein d’une association de protection de la nature ( la LPO ). Suite à cette première mission, j’y ai continué mon parcours en occupant le poste de garde technicien d’espaces naturels protégés en Charente-Maritime pendant 6 ans.

Après cette période, j’ai voulu élargir mes compétences en validant une Licence Professionnelle « Usages et Qualité de l’eau ». Ce qui m’a conduit par la suite à occuper le poste de responsable de l’équipe Rivière au SyAGE, puis de technicien chargé de la valorisation du patrimoine naturel.

Quelles sont les particularités floristiques des abords de votre rivière ?

L. S. – À l’image des bords de l’Yerres, ceux de l’Orge ne contiennent que peu d’espèces rares. Cependant, nous devons faire face à la prolifération d’espèces invasives comme la Renouée du Japon. Pour y remédier, nous procédons notamment à des broyages suivis par l’installation de bâches opaques qui neutralisent la lumière du soleil nécessaire à leur développement. D’autre part, nous procédons régulièrement à des renaturations de berges en replantant des espèces hélophytes pionnières afin de relancer l’écosystème indigène.

Nous travaillons aussi sur les abords de la rivière. Ceux-ci voient se côtoyer un grand nombre de milieux (prairies inondables, boisements, prairies sèches, etc) auxquels correspondent des flores variées. La qualité des sols participe à cette diversité. C’est pourquoi il est nécessaire de prendre en compte leurs caractéristiques dans la gestion de ces espaces. Par exemple, un sol chargé en azote verra se développer spontanément un panel d’espèces nitrophiles. Et la fauche de ce type de végétation nécessitera une évacuation immédiate des déchets chargés en azote.

 

Vincent-web V.D. – Les bords de l’Yerres sont principalement constitués d’une nature dite « ordinaire ». Elle mérite pour autant toute notre attention car elle compose la quasi-totalité des écosystèmes terrestres et aquatiques. À ce titre, elle est notre principal indicateur de l’état général de notre environnement.

D’autre part, de nombreuses « oasis de nature » ponctuent le linéaire de la rivière. Je pense à des espaces comme l’île des Prévôts à Crosne, la roselière de Chalandray à Montgeron, la Mare Hoffmann à Yerres, les vieilles peupleraies d’Épinay-sous-Sénart ou encore le ru de Rochopt situé dans la même commune. Tous ces endroits recèlent un charme paysager unique et un intérêt patrimonial et pédagogique évident.

La gestion différenciée que nous appliquons sur les berges de l’Yerres permet de maintenir un corridor écologique où la faune et à la flore s’épanouissent et circulent librement d’un réservoir de biodiversité à l’autre.

 

Quel est le défi auquel vous êtes confronté dans votre travail quotidien ?

L.S. – Quand je suis arrivée à mon poste, il a d’abord fallu que je fasse mes preuves. J’y suis parvenu grâce à la confiance que m’a accordée mon maître de stage et au professionnalisme de toute la structure. Depuis, il s’agit de tenir le rythme, plutôt intense, entre les cours et le Syndicat.

Mais, plus globalement, le défi du Service Paysage du Syndicat de l’Orge est de concevoir un espace public autour de la rivière, agréable et accessible à tous. Pour cela, nous avons notamment mis en place des installations permettant l’accueil des personnes à mobilité réduite.

V.D. – Les bords de l’Yerres ne doivent pas être aménagés et entretenus de façon ornementale, comme si l’on avait à faire à une nature qu’il fallait « domestiquer ». Faire évoluer ce point de vue est le principal défi auquel je suis confronté dans mon travail quotidien.

Aussi pour changer les mentalités, il faut d’abord développer les connaissances des riverains sur le patrimoine naturel de la vallée. C’est pour cela qu’au SyAGE, nous multiplions les actions de sensibilisation (participation à des salons, conseils aux services techniques des communes concernant la gestion écologique des espaces naturels, panneaux pédagogiques, publication d’un journal trimestriel, etc).