Tous à la Brie !

Publié le 27 juin 2017

Même si l’Île-de-France, extension naturelle d’une capitale tentaculaire, n’a plus en matière de culture et de traditions, la richesse de régions comme la Bretagne ou l’Alsace par exemple, cela ne signifie pas pour autant que nous vivions dans une vallée sans mémoire. La vallée de l’Yerres, trait d’union entre la Brie et la proche banlieue, peut vous réserver quelques surprises.

La cuisine occupe une place prépondérante dans la culture française. Cela reste vrai sur notre territoire et notre contribution à la gastronomie nationale n’est pas négligeable. Brie de Meaux, de Melun ou de Favières, Coulommiers, Fontainebleau, jean-de-brie, Bayard-gourmand, grand-morin, soumaintrain, Saint-Siméon, gratte-paille, pierre-robert, Maupertuis, marbré, chevru, butte de Doue, fougerus, vignelait, Saint-Didier, brie-yère, camenbrie, petit coeur coulis… le plateau Briard est un véritable plateau de fromages ! Les gourmands, au bec sucré, ne seront pas non plus oubliés : miel, confiture de rose, pavés de Lagny, « cailloux » de Montereau, melunettes de Melun, mauresses, sablé briard de Mormant, niflettes de Provins, macarons fondants de Réau. Si vous parcourez la région, les pauses friandises ne manqueront pas !

UNE POIRE POUR LA SOIF
Jusqu’au milieu du XXe siècle, la viticulture fut également florissante dans notre vallée. L’urbanisation et le phyloxera en ont quasiment eu raison et Montgeron par exemple, n’en conserve plus que des traces dans le nom de ses rues ou son annuelle fête des vignerons. Pour autant, si vous arpentez le bassin versant de l’Yerres, vous ne mourrez pas de soif car si la production vinicole y a quasiment disparu, la tradition du cidre y est restée vivace ainsi que la production de bière qui, dans cette région céréalière, a trouvé un nouvel essor depuis une trentaine d’année grâce à la création de brasseries familiales. Il serait fastidieux de citer l’intégralité de la production agricole de notre territoire, mais on ne peut clore cet inventaire gastronomique sans citer le stachys affinis, mieux connu sous le nom de Crosne du Japon et qui doit cette appellation à la commune de Crosne où ce délicieux petit tubercule fut cultivé pour la première fois en France.

DES TRADITIONS FESTIVES
Quelle que soit l’attraction que peut exercer l’agglomération parisienne en matière de culture ou de divertissements, les communes communes de notre territoire n’ont pas renoncé à proposer à leurs habitants des rendez-vous traditionnels et festifs : les superbes fêtes médiévales ou la fête des roses de Brie-Comte-Robert, le
carnaval de Crosne, la foire des vendanges de Montgeron, la fête de la Forêt de Sénart… Souvent centrées sur le passé de la région, son histoire ou ses spécialités,
ces fêtes attirent un large public qui apprécie de pouvoir profiter de l’ambiance conviviales et souvent bon enfant de ces évènements. Elles sont aussi l’occasion de créer du lien social et contribuent au sentiment d’appartenir à une communauté.

FANTÔMES ET TRÉSOR
Mais il n’y a pas de véritable identité locale sans quelques légendes qui font rêver ou qui font peur. Ainsi, à Guignes, sur l’emplacement de l’ancienne fontaine miraculeuse Sainte-Anne, on aurait vu jadis une dame blanche. À Andrezel, on trouvait naguère une « mare à la bête » sans doute par allusion à la « grand’ bête » locale, monstre terrifiant ainsi décrit : « On donnait volontiers à cette bête fantastique la forme d’un veau qui avait quelque chose d’un lièvre et qui ressemblait un peu à un chien. Malheur au paysan attardé qui rencontrait la Grand’ Bête ! ». Une mare aux ardents existait jadis à Yèbles. Les ardents étaient de gros feux-follets auxquels on prêtait une origine satanique et qui, à certaine période de l’année, pouvaient enlever les jeunes filles pour les entraîner dans les profondeurs de la mare. Enfin, à Chaumes-en-Brie, ce sont les ruines introuvables du manoir de Cresne qui abriteraient un trésor maudit. Celui-ci serait enfermé dans
un souterrain supposé s’ouvrir une fois par an et attirerait les aventuriers avides de gain pour mieux se refermer sur eux dans un craquement sinistre.

LE RÊVE D’ALPHONSE ALLAIS
L’humoriste Alphonse Allais regrettait jadis que l’on n’ait pas construit les villes à la campagne et l’on pourrait presque dire que notre vallée matérialise ce paradoxe. En effet, tout en bénéficiant de la proximité de Paris, nous y connaissons une qualité de vie et d’environnement dont il faut mesurer le caractère exceptionnel pour mieux la préserver et la léguer à nos enfants.

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