Un quizz sur les écorces de la vallée de l’Yerres

Un quizz sur les écorces de la vallée de l’Yerres

Publié le 25 février 2021

L’hiver est là, invitant la vie à se « mettre en pause ». Les oiseaux sont muets, les insectes planqués, et les arbres dénudés. Dur, dur de trouver sur quoi s’attarder. Encore que….

En effet, sous nos yeux s’offre l’opportunité d’apprendre à reconnaître quelques-uns de « nos sages boisés » à leurs écorces (et aussi à l’aide de quelques spécificités). Mais avantde nous rendre dans la vallée de l’Yerres pour les distinguer, quelques éclaircissements s’imposent. Plus qu’une simple enveloppe protectrice intégrale, l’écorce des arbres et des
arbustes compte deux couches distinctes, pour simplifier. L’écorce interne, non visible, à travers laquelle circule la sève élaborée, produit de la photosynthèse, mais aussi une source de nourriture fabriquée au sein du feuillage, distribuée à l’ensemble de l’arbre.

Et le périderme, ou écorce externe, compacte, visible, et surtout palpable. Ridée, rugueuse, lisse, crevassée, grise, argentée, brune, cette dernière présente une grande variété d’aspects, utiles notamment à l’identification des différentes essences. Précisons que cette diversité d’aspects constitue
également une multiplicité d’habitats naturels, ou plutôt de micro-habitats fort utiles à quantité d’espèces animales et végétales.

À y regarder de plus près, chaque arbre est un écosystème à part entière, à découvrir et à respecter. Mieux informés, rendons-nous dans la vallée pour un « quizz des écorces » ! Concentrons-nous sur des arbres adultes au périderme à maturité, les jeunes présentant des écorces aux reliefs et couleurs inachevés.

Saule tétard

Là tout proche de la rivière, au moins trois types d’écorces distinctes. La première, de couleur brun noirâtre, assez profondément fissurée. Deuxième indice : elle est visible sur des arbres taillés en têtards comme sur d’autres au port naturel. Alors ? Encore un indice ? Bon, elle a la particularité d’être utilisée depuis plus de deux siècles pour lutter contre la
fièvre et certaines inflammations, du fait de sa concentration en acide salicylique. Trouvé ? Réponse : c’est le Saule blanc , que l’on retrouve très souvent sur sol frais ou humide. En port libre ou en têtard, ce saule est une composante importante du paysage de la vallée.

Découvrons l’écorce de l’arbre voisin au ton gris foncé, crevassée, rugueuse, formant à l’occasion des plaques, qui lorsqu’elles sont décollées, laissent apparaître une couche interne marron gris chaud. Autre indice : on distingue ici et là parmi le branchage, des petits cônes noirâtres et rondouillards caractéristiques de l’espèce. Une petite idée ? Et bien, c’est
l’Aulne glutineux. Il est lui aussi très présent sur les berges de l’Yerres, les racines quasiment dans l’eau. L’hiver, ses graines constituent une ressource alimentaire prisée par le Tarin des aulnes, un petit passereau qui hiverne dans la vallée.
Poursuivons à quelques mètres, où une écorce tout autre s’offre à nos yeux. De couleur grisâtre, quasi lisse, présentant par endroit de fines fissures. On note également des plaques de lichen typiques jaune vert à orange. Alors ? Pour vous mettre sur la voie, on remarque sur les branches que des bourgeons noirs persistent et qu’ils sont opposés et en alternance (ils se
font face et sont en quinconce d’un étage à l’autre). Il s’agit d’un frêne commun, lui aussi fidèle des berges de l’Yerres.

Sureau noir

Un peu plus loin, et à distance de l’eau, notre attention se porte maintenant sur un arbuste à l’écorce gris chaud presque beige, verruqueuse et fendillée, se décollant à l’occasion sous forme de grandes écailles. Des branches cassées laissent apparaître leur cœur tendre spongieux. Et sur les branches les plus fortes de nombreux rejets sont parfaitement verticaux.
Alors ? Un Sureau noir ? Exactement. Il se plaît en lisière, où il côtoie d’autres sujets à l’écorce très différente, comme cet arbuste tout lisse, presque brillant, brun noirâtre aux nuances marron pourpre, et aux verrues claires et horizontales. Indice supplémentaire : des épines et des baies d’un bleu profond caractéristique. C’est, c’est, c’est… le Prunellier, qui pourrait bien être à l’origine du nom de la commune voisine d’Épinay-sous-Sénart. En effet, le nom de cette espèce très commune revient régulièrement dans la toponymie locale, de façon détournée. Avec pas moins d’une quarantaine d’espèces d’arbres et arbustes, ce « quizz des écorces » de la vallée est loin d’être achevé. Libre à vous de le poursuivre. Pour le compléter de manière ludique, munissez-vous d’une feuille de papier A4, d’un crayon de bois (ou d’un fusain), et griffonnez-la
légèrement une fois appliquée sur un tronc d’arbre de votre choix. À la manière d’un négatif photo, creux et bosses y apparaîtront.

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