Une future zone d’expansion des crues à Ozoir-la-Ferrière

Une future zone d’expansion des crues à Ozoir-la-Ferrière

Publié le 14 décembre 2020

La réalisation d’une zone d’expansion de crue en forêt d’Armainvilliers s’inscrit dans le PAPI d’intention de l’Yerres depuis 2005. Il prévoit un aménagement structurant d’envergure sur l’axe du ru de la Ménagerie pour réduire le risque inondation.

Le projet de la ZEC en forêt d’Armainvilliers est en cours d’élaboration.

Les études faune/flore/habitat devraient se terminer à la fin de l’année. La maîtrise d’œuvre de la ZEC est en cours d’élaboration. La ZEC permettra d’améliorer la gestion des écoulements des eaux pluviales et réduire les risques d’inondation.

Historique du projet

Le ralentissement dynamique des écoulements demeure le thème phare du dispositif PAPI (Programme d’Actions de Préventions de Inondations) de l’Yerres qu’il convient de privilégier davantage à une échelle globale par des opérations sur l’ensemble du réseau hydrographique.

Au centre de ce mécanisme, les zones d’expansion des crues qui offrent une rétention supplémentaire, temporelle et mobilisable uniquement pour des évènements d’une intensité donnée. « Pour des raisons d’acceptabilité économique, seule la crue fréquente a été prise en compte. Pour une crue centennale, les volumes de stockage auraient été colossaux impliquant un ouvrage structurant plus que démesuré. Pour le PAPI la crue fréquente devient donc la crue de projet » indique Pierre Brétaudeau, animateur du PAPI de l’Yerres.

En préambule à l’identification de zones d’expansion de crue, définir les affluents les plus contributifs à la formation et à la propagation des crues de l’Yerres sembla opportun pour une localisation plus pertinente des futures zones d’écrêtement.

À cet aspect géographique, vient s’ajouter la définition d’un objectif raisonnable de réduction. Pour ce faire, le SyAGE prit le parti de diminuer de 30% les dommages des secteurs définis les plus à risque. Sur cette base, un volume théorique de rétention fut déduit avoisinant les 350 000 m3

Partant de ces postulats et comme seul critère de sélection la morphologie du terrain naturel, 48 sites furent identifiés. Après les filtres liés aux contraintes environnementales, à la présence d’enjeux ou au manque de données sur les affluents, seuls 8 sites le long et l’Yerres et 2 sur le Réveillon-Ménagerie furent retenus.

Aménagement structurant d’envergure

Leur aménagement s’est envisagé selon deux hypothèses: mise en place de techniques douces (brèche, arasement de berges) ou aménagement plus lourd (réduction de section, surélévation de la ligne d’eau). Au final, la simulation hydraulique, intégrant les potentiels sites, conclut à un volume de stockage additionnel de 80 000 m3 par la première option et de 270 000m3 par la seconde. Leurs incidences hydrauliques sur les secteurs urbanisés sont peu significatives tant sur l’abaissement de la ligne d’eau qui se résume à quelques centimètres que sur la réduction de débit. Il y a ainsi une inadéquation entre le volume de stockage mobilisable et l’objectif initial. Il apparait que le lit majeur de l’Yerres est déjà fortement mobilisé en cas de crue fréquente. Le potentiel de zones d’expansion de crues sur l’Yerres ne permet donc pas, dans les conditions envisagées, un écrêtement suffisant et par voie de conséquence, d’agir efficacement sur la réduction de dommages en cas d’inondation.

Sans aménagement structurant d’envergure, la capacité de stockage de la vallée ne sera pas suffisante pour répondre à l’objectif de réduction.

Les conclusions sans appel de l’étude, ont encouragé le SyAGE à approfondir la démarche par un scénario alternatif pouvant exaucer l’ambition de réduire avec efficacité les impacts d’une crue fréquente. Non inscrit dans le programme originel du PAPI d’intention, la poursuite de la démarche définie une étude complémentaire dans le but de s’assurer de l’exhaustivité des solutions envisageables sur le bassin versant. Une partie du décalage dans l’exécution du PAPI d’intention est imputable à cette étude supplémentaire qui conditionna par la suite l’analyse multicritères.

Objectif réduction des dommages de 30%

Les scénarios alternatifs envisagés en complément de la démarche d’identification des zones d’expansion des crues se sont orientés vers des aménagements d’ouvrages structurants type barrages sur l’axe de l’Yerres et du Réveillon et des protections amovibles.

Les solutions explorées par l’étude d’identification des zones d’expansion de crue ne permettent pas un écrêtement de débit significatif pour atteindre un réel objectif de réduction de la vulnérabilité du territoire. Face à cette situation, le SyAGE a souhaité approfondir la démarche, dans le cadre d’une étude complémentaire, en jugeant de la faisabilité d’ouvrages structurants et de solutions de proximité. Visant un aménagement plus important, l’objectif de réduction des dommages de 30% fut revu à la hausse. À ces scénarios alternatifs, une analyse multicritères fut consacrée pour en déterminer l’efficacité et l’efficience.

Étude complémentaire préalable

L’étude s’est portée sur 3 propositions d’aménagement:

  • un ouvrage structurant sur l’axe de l’Yerres
  • un ouvrage structurant sur l’axe de la Ménagerie
  • des protections amovibles pour les quartiers identifiés à risque important d’inondation.

Étude de l’ouvrage structurant sur l’axe de la Ménagerie

Le site de la forêt d’Armainvilliers sur le ru de la Ménagerie, commune d’Ozoir-la-Ferrière, fait l’objet depuis 2005 d’un projet de stockage, porté par le SIAR dans le but de réduire les débordements sur le secteur de la gare RER, qui figure parmi les secteurs les plus vulnérables du territoire. Les études menées à cette époque, définissant la réalisation d’un merlon perpendiculaire au cours d’eau sur les deux rives (côte 109.80 m NGF), avaient conduit à la mise en place partielle de l’aménagement (rive gauche uniquement). L’inachèvement des travaux ne permet pas d’obtenir une incidence hydraulique significative sur la partie aval du cours d‘eau.

En 2013, la labellisation du PAPI d’intention a remis à l’ordre du jour le projet en l’intégrant à l’étude d’identification des zones naturelles d’expansion de crues. Une modélisation plus fine et complète, intégrant la totalité du cours d’eau et pas uniquement le secteur de la gare. Elle démontra que sur la base du projet initial, l’aménagement du merlon rive droite et gauche à la côte 110 m NGF, écrêtait uniquement les crues d’occurrence inférieure à 10 ans. Pour viser l’objectif de la crue de projet (crue d’occurrence 10 à 30 ans) l’aménagement fut renforcé. Ainsi, une rehausse de 20 cm a été pensé sur son intégralité (les deux rives) portant la côte à 110.2 m NGF. La simulation de ce scénario conduit à un stockage total de près de 70 000 m3 pour un débit écrêté à 1,7 m3/s au lieu de 2,5 m3/s avec un temps de vidange estimé à deux jours.

L’ouvrage tel qu’il est proposé occasionne une baisse de la ligne d’eau aval de 40 cm, limitant significativement, de l’ordre de 30%, les impacts des inondations sur la zone pavillonnaire aval. Au-delà de la faisabilité de ces aménagements, assurer par l’étude complémentaire, l’analyse multicritères se consacre à en vérifier les efficacités et les efficiences.

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