Les vigies de la qualité de l’eau

Publié le 1 mars 2017

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C’est un petit local technique qui, au premier regard, ne paie pas de mine jouxtant d’un côté l’Yerres, de l’autre le Réveillon. A l’intérieur, pourtant, l’activité ne faiblit pas. En flux continu, une station de mesure de la qualité de l’eau enregistre en effet une multitude de données qu’elle transmet ensuite au SyAGE. Objectif : surveiller l’état des rivières.

« Abbaye » et « P.Y. ». Au SyAGE, ce sont les noms qu’on leur donne. Ces deux stations de mesure de la qualité de l’eau sont placées à des endroits stratégiques : l’une mesurant le Réveillon est située à sa confluence avec l’Yerres, l’autre mesurant l’Yerres est installée à sa confluence avec la Seine. Et elles ne chôment pas. En permanence, elles récoltent plusieurs sortes de données grâce à des sondes plongées dans un bac d’eau : ammonium (NH4), turbidité (quantité de particules en suspension dans l’eau), dioxygène dissous, conductivité (quantité d’ions présents), pH (indicateur de l’acidité), température. Sans oublier le débit des cours d’eau calculé à partir des mesures de hauteur et de vitesse effectuées par d’autres sondes (sonde à ultrasons située en hauteur et sonde immergée piézométrique à membrane).

P1090120Ces données sont transmises à distance par télégestion au SyAGE. Chaque jour, les deux techniciens du service Contrôle des Milieux Naturels (CMN) du syndicat peuvent ainsi les consulter depuis un poste d’ordinateur. Les informations brutes qui arrivent sont ensuite traitées. Certaines sont validées tandis que les valeurs aberrantes (erreurs, dysfonctionnements,…) sont supprimées. « Chaque mois, nous établissons un bilan que nous envoyons aux acteurs concernés : les élus des différentes collectivités, l’Onema (Agence française pour la biodiversité), la police de l’eau ou encore les Fédérations de pêche », explique Thomas Ladjili, l’un des deux techniciens du service CMN.

Les stations de mesure permettent de connaître en temps réel l’évolution de ces différents paramètres et de repérer d’éventuels problèmes. « L’ammonium est le principal indicateur physico-chimique de pollution par les eaux usées notamment. Un pic de cette valeur peut donc indiquer des rejets dans le cours d’eau. » Une fois cette anomalie notée, place au travail de terrain pour confirmer la pollution par des prélèvements et en trouver l’origine. Sur l’écran d’autres pics sont plus anodins. « La pluie, par exemple, a une influence sur l’état de l’eau. Elle diminue la conductivité et augmente la turbidité. »

Les sondes testées tous les mois

En cas de pic de valeur, Thomas Ladjili reçoit aussi une alerte sur son téléphone portable. Ces alarmes peuvent toutefois concerner d’autres dysfonctionnements, « par exemple une pompe qui ne fonctionne plus ou un manque d’eau dans le bac dans lequel sont plongées les sondes. » Très sollicitées, les stations de mesures ont en effet besoin d’être entretenues en permanence. « Toutes les semaines nous venons nettoyer les sondes et les bacs qui s’encrassent. Tous les mois nous effectuons également des tests pour contrôler le bon fonctionnement des sondes. » Une maintenance préventive qui au fil du temps permet de réduire la maintenance corrective.

Récemment, « Abbaye », âgée de 10 ans, a même eu droit à une cure de jouvence. Au programme : remplacement du système de mesure de débit qui comprend l’installation de nouvelles sondes de vitesse, une sonde de hauteur piézométrique et toute l’électronique dont ces sondes ont besoin (cliquez sur les photos ci-dessous).

Ces stations de mesure s’inscrivent pleinement dans le cadre des programmes de surveillance de l’état des eaux des bassins requis par la directive cadre sur l’eau de 2000 visant à atteindre un objectif de bon état des eaux. Une troisième station, installée plus en amont de l’Yerres, viendra prochainement compléter ce dispositif.

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